Quel avenir pour l’économie bolivienne ?

Maintenant, c’est le gaz qui constitue la première ressource économique du pays. Une part importante du gaz bolivien est, suite à des accords commerciaux, vendue au Brésil et à l’Argentine. Et le secteur minier ne constitue pas la deuxième ressource. Il figure bien loin derrière le narco trafic, mais aussi l’argent versé par ceux qui ont émigré à leur famille restée au pays. Il n’est pas rare, dans le village, de croiser une population composée majoritairement de personnes âgées et de jeunes femmes avec des enfants en bas âge. Les jeunes et les hommes se sont installés en ville pour étudier et travailler… ou ont quitté le pays.
Aujourd’hui, le phénomène de crise économique en Europe inquiète. Les Boliviens émigrés en Espagne, par exemple, perdent leur emploi et ne peuvent plus envoyer à leur famille les mêmes montants que ceux qu’ils expédiaient alors qu’ils avaient du travail. Un autre phénomène est aussi la croissance de la migration de femmes, les marchés de l’emploi étant, dans les pays de migration, à la recherche de travailleurs pour des secteurs largement féminisés comme celui du service aux personnes, de la santé…
La Bolivie ne fait pas exception. Travailler à la mine provoque aussi d’importants dégâts de santé pour ceux qui gagnent leur vie en extrayant les minerais ou métaux des entrailles de la terre. Une pension plus rapide que le reste du secteur formel n’empêche pas, par exemple, les dégâts de la silicose.
Le secteur minier est certes dans le secteur formel, celui où il existe une sécurité sociale, des caisses de santé et un droit à la pension. Il ne faudrait pas en conclure que le secteur formel soit, dans l’économie bolivienne le secteur privilégié. La fracture de la pauvreté ne se situe pas là. On peut être paysan ou vendeur au marché et disposer de revenus suffisants. Chaque famille bolivienne essaye de diversifier les situations. Il n’est pas rare d’être à la fois ouvrier et d’avoir une occupation marchande informelle. Comme il n’y a pas d’allocations de chômage, la perte d’un emploi ne signifie pas, alors, la perte de tout revenu.
Il est bien sûr impossible de développer en quelques lignes la situation et les enjeux de l’économie bolivienne aujourd’hui ainsi que ses conséquences pour la population. Mais il est sans doute important d’abord de comprendre la complexité de la situation et en conséquence la complexité des réponses à apporter.
