Bangladesh, le pays où les usagers forts sont les rois de la route

Semaine de la mobilité ou journée de la courtoisie au volant… Deux concepts totalement ignorés au Bangladesh ! Une seule règle à retenir : effrayer les autres usagers et surtout ne pas succomber à la panique !

La route dispose de son propre code de conduite, une hiérarchie archaïque plaçant les « usagers forts » au sommet de la pyramide routière et laissant peu de place aux usagers faibles.
Cette échelle se compose par ordre décroissant des camions (de la marque indienne Tata d’un gabarit d’une douzaine de mètres et équipés de doubles pare-chocs anti-bus), des bus (ou plutôt ce qu’il en reste, assez hautes et volumineux, rarement équipés de feux à l’arrière), des maxi taxis, des taxis, des mini-taxis, des motorcycles (tripoteurs à moteur, parfois électriques en ville), des motos, des vélos, des rickshaws (tricycles), des simples piétons, tous généreusement chargés.

Le code de la route existe mais n’est pas appliqué. La signalisation est rudimentaire, les feux ou les limitations de vitesse, là où ils existent, sont purement indicatifs au même titre que les panneaux, les lignes blanches,… En ville, les rappels « Please, respect driving code » affichés à 4 m du sol n’ont aucun effet sur les « chauffards ».
Les permis de conduire se déclinent en deux classes. D’une part, les conducteurs qui disposent d’une vraie licence qui a fait l’objet d’un examen de connaissance du code de la route et, d’autre part, les chauffeurs qui ont acheté leur permis et qui ont ce qu’on appelle ici la 2è licence.
Quel que soit le type de permis, seuls comptent le culot, le manque total de respect des autres usagers, bref une attitude suicidaire … en somme, de véritables kamikazes !

Plantons le décor… Imaginez une route nationale à deux voies, sans bandes d’arrêt d’urgence, sur laquelle roulent à tombeau ouvert deux bus de front suivis par 4 de leurs semblables. Soudain, un véhicule arrive dans l’autre sens, que faites-vous ? La logique voudrait que les véhicules en dépassement se rabattent. Eh bien non, le « non sense » est de mise. L’objectif est de dépasser à tout prix, à grand renfort de coups de klaxon et d’appels de phares et de tenter de se rabattre avant le choc frontal.
La hiérarchie routière a ici toute son importance, si vous circulez dans un véhicule de catégorie inférieure, vous êtes le maillon faible, et les seules actions possibles pour vous sont : freiner « à mort », matérialiser une troisième bande au milieu de la route et vous y faufiler, ou vous jeter sur le bas-côté, mais, sans oublier à votre tour de répercuter les règles indigènes sur les usagers plus faibles que vous !

Fan de GTA (pour Grand Theft Auto, jeu vidéo violent bien connu des amateurs du genre), le Bangladesh sera votre destination de prédilection, mais attention, ici, vous n’avez qu’une seule vie.

Franck et Julien


Commentaires

  • Bangladesh, le pays où les usagers forts sont les rois de la route

    1er décembre 2010 08:07

    Je me doutais bien que Julien avait pris part à cet article....quand je lis qu’il est question de « Tripoteurs à moteur »...hihi !... Merci pour le plaisir de cette lecture !

    Bonne fin de voyage les amis !

    Eric


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