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Violence et harcèlement au travail, ça suffit !

Modifié le: 9/11/2017, 16h54

Mettre un terme aux violences sexistes sur le lieu de travail, c’est la réflexion qui a rassemblé une trentaine de femmes syndicalistes issues de tous les continents - des organisations partenaires Solidarité Mondiale & CSC – lors d’un séminaire au Costa Rica au mois d’octobre dernier. Objectifs : partager des stratégies, études de cas, analyses de genre, créer des échanges de bonnes pratiques et surtout préciser, ensemble, les revendications clés qui garantiront une incidence politique à l’OIT en juin 2018.

La violence et le harcèlement contre les femmes et les hommes dans le monde du travail ne sont pas un nouveau sujet. Toutefois, la violence fondée sur le genre, essentiellement contre les femmes, correspond à un des droits humains les plus bafoués au monde. Dans le monde, plus de 35 pour cent des femmes ont subi la violence physique et/ou sexuelle. De même, entre 40 et 50% d’entre elles font l’objet d’avances sexuelles non souhaitées, de contacts physiques ou d’autres formes de harcèlement au travail. Il s’agit non seulement de la violation des droits humains la plus généralisée, mais aussi de la plus tolérée socialement.

Cette problématique touche particulièrement les travailleurs les plus vulnérables et dont la jouissance des droits au travail tels que la liberté syndicale, la négociation collective, la non-discrimination et l’accès à la justice, est limitée.

Seuls certains pays offrent une protection contre la violence et le harcèlement à l’égard des femmes et des hommes au travail. Ailleurs, on dénonce encore la persistance d’importantes lacunes politiques et réglementaires. Sakuntaya du Népal témoigne : "La violence contre les filles et les femmes est partout dans mon pays : à la maison, au travail, dans la rue. Ça se passe comme si c’était le cours normal des choses." On entend ces mêmes histoires de partenaires africains et latino-américains.

La violence liée au genre est un phénomène mondial. Pendant le séminaire, nous avons partagé de nombreuses stratégies que les syndicats ont déjà mis au point pour inverser la tendance : l’organisation des groupes vulnérables, l’autonomisation des femmes, le lobbying politique, des campagnes visant à sensibiliser le public, l’accompagnement des victimes de violences, les alliances avec des mouvements de femmes... Et, "last but not least" : travailler aussi au cœur de son organisation à plus de représentativité, y compris dans les postes de direction.

En 2018, l’Organisation internationale du Travail organisera une conférence sur ce thème. Les femmes réunies au Costa Rica, avec les syndicats du monde entier, feront tout leur possible pour y obtenir une convention contraignante à l’issue des débats.

Selon certains experts, bien qu’ils fassent référence à la violence et au harcèlement, plusieurs instruments de l’OIT ne fournissent pas d’orientation quant à la manière de faire face aux différentes situations et ils ne couvrent pas tous les travailleurs. En conséquence, le Conseil d’administration de l’OIT a décidé de lancer un processus visant à établir des normes (double discussion) sur le thème de la violence et du harcèlement contre les hommes et les femmes au travail lors de la 107e session de la Conférence internationale du Travail (CIT) en 2018. Ce débat se poursuivra et prendra fin lors de la Conférence de 2020.

L’enjeu du séminaire d’octobre 2017 était donc, entre autres, de se rencontrer entre organisations syndicales internationales, mouvements sociaux impliqués dotés d’expérience spécifiques sur le sujet, ainsi que toutes personnes représentantes mandaté(e)s par son organisation pour suivre cette question et qui participera, ensuite, à la Commission sur ce thème lors de la Conférence internationale du Travail de 2018.

A suivre donc !