Haïti
Une épidémie de choléra en Haïti
L’heure est à nouveau à l’urgence après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 avec la propagation rapide d’une épidémie de choléra ! En effet, celle-ci a commencé à faire son apparition dans les campements où se sont amassées les victimes de la catastrophe, non loin de Port-au-Prince (plus particulièrement dans la communauté d’Archahie à environ 35km de la capitale). Un climat de peur s’installe auprès de la population vivant dans ces camps de fortune.
De plus, le passage de l’ouragan Tomas en Haïti vendredi 5 novembre a ajouté aux misères de la population. Le bilan provisoire, en date du 11 novembre, faisait état de 21 décès, 9 disparitions, plus de 5.000 maisons partiellement touchées et des milliers d’autres entièrement détruites. Après le passage de ce cyclone, le pays est davantage sous la menace d’expansion de l’épidémie de choléra, selon les dires des spécialistes.
Lire l’interview de Paul Loulou Chery (CTH-Haïti), sur le site de la CSI, confédération syndicale internationale
Quelle est la perspective du MOSCTHA (mouvement socio culturel des travailleurs haïtiens) ?
Le MOSCTHA confirme que la situation est alarmante et urgente en ce qui concerne l’expansion rapide de l’épidémie qui continue de pénétrer dans la capitale et de faire de nouvelles victimes. Cette situation est notamment due aux conditions de vie très précaires dans lesquelles se trouvent une grande majorité de la population haïtienne. La préoccupation première du MOSCTHA se fonde sur les conditions d’hygiène très limitées de ces lieux, sur le manque d’eau potable et la déficience dans la manipulation des aliments consommés par les humains.
Quel est l’avis du MOSCTHA face à cette situation ?
Le MOSCTHA pense que l’expansion de la maladie à tout le territoire est imminente. Preuve à l’appui : les autorités dominicaines sont en train de prendre des mesures préventives de protection dans les communautés frontalières avec Haïti. Ces mesures vont de l’interdiction du passage d’aliments cuits en provenance d’Haïti vers les terres dominicaines à la limitation de la circulation des personnes entre les deux pays ou encore le renforcement du personnel médical dans les hôpitaux publics des zones frontières. L’objectif des autorités dominicaines est de pouvoir réagir vite et de manière conséquente s’il s’en avérait nécessaire pour protéger leur population. Les autorités veulent être prêtes à intervenir dans tous les cas de figure dès l’apparition des premiers symptômes de la maladie sur leur territoire.
Comment le MOSCTHA compte agir ?
Le MOSCTHA, dans sa lutte pour l’amélioration des conditions de vie des personnes les plus vulnérables du pays, comptait parmi les premières organisations à réagir et à apporter son aide dans 10 campements de la capitale : trois à Leogan, quatre de Grand-Goave, trois de Petit-Goave et Lester (Département de l’Artibonite). Ils ont agit de plusieurs manières, notamment en réalisant et distribuant du matériel éducatif tel que des flyers informatifs et des brochures explicatives sur les conditions d’hygiène de base. Toute cette opération a été rendue possible grâce au travail de plusieurs promoteurs de la santé appartenant au MOSCTHA.
Ces derniers se sont également préoccupés d’éduquer les personnes ne sachant pas lire par l’utilisation de méthodes plus théâtrales se basant sur le contenu des flyers. Ils ont également mis en place des séances de cours pour les jeunes scolarisés afin que ces derniers puissent, par la suite, former et informer leur famille sur les manière de prévenir le choléra et d’éviter son expansion. La peur se fait ressentir auprès de toute la population, et certains parents hésitent même à envoyer leurs enfants à l’école, même s’il s’agit d’y aller pour y suivre un cours sur la santé, l’hygiène et l’éradication de l’épidémie.
Dans le même temps, les membres du MOSCTHA sont en train de préparer des séminaires Inter-institutionnels visant à renforcer les capacités des promoteurs de la santé d’autres institutions qui travaillent dans d’autres localités où le MOSCTHA n’a pas d’action. Le but est d’atteindre un maximum de personne et de garantir les effets de ces actions de prévention.
Grâce aux cliniques mobiles dont dispose le MOSCTHA, les équipes responsables ont l’intention de faire une grande opération de soins dans les campements qui dépendent de leur organisation. De plus, ils veulent réactiver et mobiliser les comités communautaires, avec lesquels ils ont travaillé durant toute la période d’urgence suite au tremblement de terre, en tirant avantage de leur expérience acquise pour maintenir informés la population dans les différents campements.
Comme dit précédemment, une nouvelle situation d’urgence nationale a vu le jour en Haïti avec l’apparition de cette épidémie de choléra, ce qui pourrait générer des nécessités (notamment financières) encore plus grandes que celles déjà programmées pour la phase de reconstruction. En effet, il faudra générer davantage d’interventions au niveau de la santé, de dotation en eau potable, de provisions de médicaments, entre autres nécessités qui pourraient s’avérer essentielles dans cette situation d’épidémie galopante.
Plus d’infos sur les actions des partenaires de Solidarité Mondiale en Haïti
(Article datant du mois de novembre, traduit de l’espagnol par Stéphanie Vankeer provenant de nos partenaires du MOSCTHA)





