Cambodge
Un syndicat mis à mal : le cas “Nagaworld” du Cambodge
A Phnom Penh, le 18 février 2009, 14 représentants syndicaux du casino “Nagaworld” ont été renvoyés. Les dirigeants ont profité de la “crise financière internationale” pour trouver un motif de licenciement des membres d’un syndicat très actif dans leur société : ils étaient alors en pleines négociations pour obtenir un meilleur salaire et une égalité de traitements entre les travailleurs locaux et les étrangers.
Or, alors que la société a gagné l’équivalent de 115 millions$ entre 2006 et 2008, le salaire des employés est de 115$ à peine. De plus, il est apparu depuis qu’une procédure d’engagement de nouveaux employés a été lancée, ce qui rend invalide la raison officielle de licenciement des responsables syndicaux.
A la demande de la CTSWF (Cambodian Tourism and Service Workers Federation), affiliée à notre partenaire au Cambodge, nous avons lancé une procédure d’urgence afin d’exiger la réintégration des travailleurs licenciés et de pousser au respect de la liberté d’association, en collaboration avec la CSC. Nos lettres à Nagaworld et aux ministres du Tourisme et du Travail restent à ce jour sans réponse. Une grève a été organisée, les signatures des autres employés ont été récoltées pour exiger le retour de leurs collègues, la municipalité et le ministère ont été interpellés, mais les responsables de Nagaworld ont répété leur refus de négocier.
Pire, Nagaworld a déposé plainte début août devant la justice pour insultes et diffamation, usage de faux documents… Les accusés risquent des amendes, voire une peine de prison. De cette manière, la companie cherche donc par tous les moyens d’éviter le retour des leaders syndicaux et de leurs actions au sein de l’entreprise.
Monsieur Sok Narith, vice-président du CTSWF et sur le banc des accusés, témoigne : “ Ce dangereux précédent va inciter les employeurs à utiliser des charges similaires contre tout leader syndical et menace ainsi la liberté d’association, protégée pourtant par les lois cambodgiennes, ce qui les affaiblirait. La CTSWF, respectueuse des procedures légales du Cambodge, doit pouvoir négocier avec les dirigeants sans la menace d’une plainte en justice. "
Solidarité Mondiale soutient les travailleurs et continue de faire pression sur Nagaworld.

