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Togo

Sprukfield : travailleurs licenciés dans la zone franche du Togo

Fin décembre 2010, suite à une grève pour obtenir de meilleures conditions de travail, 120 personnes ont été licenciées, dont 3 représentants syndicaux. Le SADD, notre partenaire au Togo, se mobilise pour lutter contre ces flagrantes violations des droits des travailleurs.

Sprukfield est une entreprise d’origine indienne spécialisée dans la fabrication de produits pharmaceutiques (gélules, sirops, comprimés,…). Basée dans la zone franche togolaise depuis 2007, elle emploie environ 132 personnes.

Le travail à Sprukfield est très précaire. Les employés ne disposent pas de contrats écrits, même après 4 années consécutives de travail. Il arrive de temps en temps que certains soient licenciés sans préavis et sans droits ou que ces contrats soient suspendus et renouvelés au gré de l’employeur et au rythme des besoins du marché.

Les travailleurs n’ont droit à aucun congé et travaillent entre 57 et 63 heures par semaine, sans que les heures supplémentaires prestées ne leur soient payées. Les femmes employées dans l’entreprise n’ont pas le droit au congé de maternité. Sécurité et santé au travail laissent également à désirer, tandis que les représentants syndicaux ne sont pas reconnus par la direction.

Face à toutes ces violations de leurs droits, 120 travailleurs de Sprukfield ont décidé de faire grève à partir du 9 novembre. Des négociations ont débuté le 15 novembre mais ont finalement échoué. Suite à cela, 3 représentants syndicaux ont été licenciés avec l’aval de la SAZOF (société d’administration de la zone franche), tandis que les 120 travailleurs sont toujours à la rue.

Le 22 décembre, le SADD, notre partenaire au Togo, Solidarité Mondiale et la CSC ont officiellement dénoncé auprès du Ministère du Travail et des responsables de la zone franche les violations massives des droits des travailleurs dans cette entreprise, dont le licenciement abusif de 3 représentants syndicaux et 120 travailleurs. La Commission Nationale des droits de l’Homme a répondu et suite à cela, la SAZOF et Sprukfield ont tenté de négocier à nouveau, mais sans succès.

Le SADD a alors interpellé le premier ministre et lancé dans le même temps une grande campagne de solidarité envers ces travailleurs et de dénonciation de la situation qu’ils endurent depuis des années au sein de l’entreprise . Début février, un comité tripartite (représentants du ministère de la zone franche, employeur et représentants syndicaux) a été mis en place pour trouver une solution. Depuis, les négociations sont en cours…

L’employeur aurait déjà réintégré une cinquantaine de travailleurs en échange d’une lettre d’excuse. Mais comme le dit le SADD, « le lion baisse ses gardes, mais pas pour s’avouer vaincu ». Le SADD et les travailleurs victimes de la situation comptent bien maintenir la pression et leurs revendications pour que les 120 travailleurs soient réintégrés dans la transparence et dans des conditions respectueuses des droits et de la dignité des travailleurs. .

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WSM-CSC Denonciation Licenciement 120 Travailleurs Sprukfield au Ministère Emploi