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Nepal

« Save climate, save Himalayas ! »

Mission accomplie… Le sherpa Dorje Khatri l’a fait ! Le 27 mai 2011 à 06h30, ce membre de GEFONT (partenaire de Solidarité Mondiale au Népal) et son équipe ont planté le drapeau de la Confédération syndicale internationale (CSI) au sommet de la plus haute montagne du monde, le Mont Everest.

C’est un geste symbolique important : montrer l’engagement des syndicats du monde dans la lutte contre les changements climatiques, en attirant l’attention de la communauté internationale sur les effets de la fonte des glaces en Himalaya. Pour communiquer sur les effets désastreux des changements climatiques dans le monde entier, la CSI et GEFONT se sont unis dans un projet touchant un sommet hautement symbolique en la matière : le mont Everest. Sommet du monde et destination ultime pour les aventuriers amoureux de nature sauvage, c’est aussi un lieu menacé directement par les changements climatiques.

En effet, la chaîne de montagnes la plus élevée de la planète, l’Himalaya, est aussi le troisième réservoir planétaire d’eau douce après l’Arctique et l’Antarctique. Cette réserve alimente les principaux fleuves d’Asie, qui contribuent ensemble à l’alimentation en eau douce de deux milliards de personnes. Or, ce réservoir d’eau glacée subit de plein fouet les effets du changement climatique : la fonte des glaciers himalayens entraîne et entraînerait des conséquences vertigineuses. Même si, dans un premier temps, l’effet du recul des glaciers est d’augmenter le débit des fleuves, une grande partie de cette eau serait perdue avant de pouvoir être utilisée, du fait de l’évaporation qui s’accentue avec la hausse des températures. De plus, à travers la fonte du permafrost, elle aurait pour effet de libérer des quantités supplémentaires de gaz carbonique dans l’atmosphère.

Vers une économie verte

Dorje Khatri travaille comme sherpa au Népal et est un grand habitué des plus hauts sommets du monde. Dans le même temps, c’est un syndicaliste très engagé. Il est membre du comité central du syndicat UNITRAV (syndicat des travailleurs dans les secteurs du trekking, rafting, tourisme et aviation), un des affiliés de la confédération GEFONT. Dorje et ses confrères vivront directement les effets de la fonte des glaciers de l’Himalaya.

Pour dénoncer cette situation, GEFONT a lancé une campagne de lutte contre les changements climatiques : « Save the climate, save Himalayas ! », campagne qui a été reprise ensuite par la CSI, qui représente près de 175 millions de travailleurs grâce à ses 305 organisations affiliées.

GEFONT est convaincu de la nécessité de s’engager dans la lutte contre les changements climatiques, qui changeront dans un avenir proche le destin de nombre de travailleurs, au Népal comme dans le monde. Les syndicats ont dans cette lutte une revendication principale, celle d’organiser une « transition juste » : assurer un cheminement en douceur vers une « économie verte » pauvre en carbone qui soit juste socialement et porteuse d’un projet de société durable.

GEFONT, confédération générale des syndicats népalais, a été créée en 1989 au Népal, mais de façon « souterraine » d’abord, car à l’époque, le droit syndical n’existait pas dans le pays. Cette confédération compte près de 29 organisations syndicales affiliées issues des 3 secteurs principaux du travail (agriculture, industries et services), dans des domaines aussi variés que le textile, la production alimentaire, le tourisme ou la vente en rue, entre autres. C’est la plus grande confédération syndicale du pays : GEFONT représente au total près de 300.000 travailleurs et est partenaire de Solidarité Mondiale depuis 2009.