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#RanaPlazaNeverAgain : action d’interpellation à la Rue Neuve (Bxl)

Modifié le: 27/04/2018, 15h39

Ce mardi matin, 24/04, Solidarité Mondiale, Achact Asbl, la Centrale Nationale des Employés, la CSC, la FGTB Bruxelles - ABVV Brussel, le CNCD-11.11.11, et Oxfam-Magasins du monde ont mené une action d’interpellation à la Rue Neuve de Bruxelles pour commémorer la catastrophe du Rana Plaza d’il y a 5 ans déjà. Une mise en scène pour attirer le regard des consommateurs et les sensibiliser.


À l’occasion du cinquième anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, plusieurs organisation, dont Solidarité Mondiale, ont mené action à Bruxelles. Deux couturières emprisonnées dans une cage symbolisent les travailleuses prises au piège dans leur usine. Elles appellent notamment les marques de vêtements de sport Adidas, Nike, Puma, mais aussi IKEA, Abercrombie et The North Face à signer l’Accord 2018 sur la sécurité des usines au Bangladesh, et ainsi poursuivre le travail réalisé depuis cinq ans pour garantir la sécurité des travailleuses de l’habillement au Bangladesh.

Le 24 avril 2013, l’effondrement du Rana Plaza a provoqué une onde de choc. Le monde entier découvrait les conditions terribles dans lesquelles des femmes et des hommes fabriquent nos vêtements. Et tous les acteurs - autorités politiques, enseignes d’habillement, propriétaires d’usines - promettaient des changements radicaux et rapides, pour qu’une telle catastrophe ne soit plus possible. Cinq ans après, l’heure est au bilan… et encore à l’action.

L’Accord sur la sécurité des bâtiments a sauvé des vies !

Rapidement après la tragédie, les syndicats et les défenseurs des droits des travailleurs ont lancé l’ACCORD 2013 sur la prévention incendie et la sécurité des bâtiments, un contrat juridiquement contraignant visant à améliorer la sécurité au travail pour les travailleurs de l’habillement au Bangladesh. Grâce à la pression médiatique et militante, 220 marques et détaillants ont signé cet ACCORD avec les organisations syndicales du Bangladesh.

Durant les cinq années de sa mise en œuvre, l’ACCORD a amélioré la sécurité de 2 millions de travailleurs de la confection dans 1.631 usines. Les inspections des usines ont identifié plus de 130.000 problèmes de sécurité dans ces usines. Aujourd’hui, 84% de ces problèmes sont résolus. 142 usines ont mis en œuvre l’entièreté de leur plan
d’actions correctrices et 767 ont corrigé 90% des problèmes identifiés. Mais l’ACCORD signé en 2013 expirera en mai 2018. Dans le but de poursuivre et de pérenniser les avancées, d’étendre son champ d’action et de réaliser la transition vers un systèm géré par les autorités du Bangladesh, une prolongation de 3 ans est nécessaire : l’ACCORD 2018.

Et les entreprises belges, ont-elles signé l’Accord ?

achACT et la Schone Kleren Campagne ont contacté 16 entreprises belges pour les inviter à signer l’Accord 2018.

Voici leurs réponses :
 Bel&Bo, Bel Confect, C&A, JBC, Jogilo et Van der Erve ont signé l’Accord 2018.
 Cassis/Paprika a entamé les démarches pour signer l’Accord 2018.
 LolaLiza, Malu et Stanley/Stella n’ont pas signé l’Accord 2018.
 Cotton Group, Dto, Galeria Inno, Tex Alliance et Trafic n’ont tout simplement pas répondu.
 E5 Mode a stoppé son approvisionnement au Bangladesh fin 2017.

Le gouvernement belge reste au balcon

Un message politique fort qui appelle toutes les entreprises belges qui s’approvisionnent au Bangladesh à signer l’Accord 2018 serait utile pour les convaincre à franchir le pas. Pourtant, malgré l’engagement de soutenir l’Accord Bangladesh inscrit dans son « Plan d’action national Entreprises et Droits de l’Homme », le gouvernement fédéral belge reste silencieux.

Contacté par achACT, la Schone Kleren Campagne et leurs organisations membres, dont le service politique de Solidarité Mondiale (WSM), le gouvernement fédéral renvoie directement vers les entreprises et le point de contact national OCDE (Organisation de coopération au développement économique), sans prendre position.

En 2014 déjà, le Point de contact national (PCN) belge de l’OCDE, avait invité l’ensemble des entreprises belges qui se fournissent au Bangladesh à signer l’Accord. Malheureusement, le conseil du PCN n’avait alors été suivi par aucune entreprise supplémentaire.

De travail reste à faire...

Par achACT.