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Les Nations Unies au chevet des migrations mondiales du travail

Modifié le: 13/06/2017, 16h40

La 106ème Conférence Internationale du Travail (OIT) vient de s’achever après deux semaines d’intenses travaux. Les délégués issus des 183 pays membres se sont penchés cette année notamment sur les migrations du travail .
ACV-CSC, Solidarité Mondiale, la JOCI et des représentants de nos organisations partenaires issus de syndicats et ONG de Mauritanie, Népal, République Dominicaine ont participé aux débats et porté un message en faveur de migrations plus solidaires et humaines.

Le débat qui s’est tenu à Genève en ce début du mois de juin était utile, tant nous vivons dans un monde globalisé qui fait la part belle à la libre circulation des biens, marchandises et produits financiers, mais qui érige pourtant, très paradoxalement, chaque jour, davantage de murs contre les migrants au détriment de leur protection .

Les migrations de main d’oeuvre, nous demandons Justice !

Les pays du monde entier sont concernés par les migrations du travail et le phénomène tendra à s’accentuer, sous l’effet des diverses crises économiques, politiques, sociales et environnementales. Notre appel, porté à Genève, était donc clair et univoque : nous demandons la justice migratoire ! Il faut absolument que les États développent des politiques migratoires plus humaines, socialement justes et politiquement cohérentes. Pour cela, garantir des voies d’accès légales et sûres est sans aucun doute le premier pas à franchir.

Egalité des droits pour les travailleurs migrants

Les travailleurs migrants doivent bénéficier des mêmes droits que les travailleurs nationaux. Les travailleurs migrants peu qualifiés, et plus particulièrement les femmes, sont en effet davantage exposés aux déficits de travail décent. Profitant de leur vulnérabilité, les employeurs et parfois même les États n’hésitent pas à violer leurs droits fondamentaux. Ces travailleurs souffrent de discrimination sur base de leur race, appartenance ethnique, religion ou nationalité. Les femmes sont particulièrement exposées à la violence physique et sexuelle sur leur lieu de travail. Beaucoup de ces migrants sont victimes de travail forcé. Notons qu’ils subissent trop souvent des traitements inégaux aux niveaux de leurs conditions de travail et salariale. Enfin, en cas de violation de leurs droits, il leur est difficile d’accéder à une justice efficace et impartiale.

Nos efforts pour garantir une protection sociale pour tous

Les droits des travailleurs migrants sont clairement garantis dans les Conventions 97 et 143 de l’OIT ainsi que dans la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Lors des discussions, nous avons encouragé les États à ratifier ces conventions et l’OIT.

Bâtir la solidarité passe par la garantie du droit fondamental à la protection sociale pour tous les travailleurs, y compris les travailleurs migrants. C’est pourquoi nous avons aussi souligné, pendant les débats, la nécessité d’établir des politiques de protection sociales largement soutenues.

L’organisation des travailleurs migrants est essentielle pour l’exercice plein et entier de ces droits. Malheureusement, les cadres régulateurs dans beaucoup de pays sont trop restrictifs en ce qui concerne la liberté d’association des travailleurs migrants. Nous avons également demandé que davantage de liens entre les organisations syndicales et des organisations de migrants soient établis, et cela, afin de s’assurer que leurs préoccupations soient prises en compte dans le dialogue social.

Opportunités pour sortir de la pauvreté

Les migrations constituent un levier de développement considérable. Les migrants issus des pays les plus pauvres voient leur revenu multiplier, leur taux de scolarisation doubler et leur mortalité infantile devenir 16 fois moins élevé qu’auparavant. Les envois de fonds dans leur pays d’origine, estimés en 2015 à 441 milliards de dollars, participent également à atténuer la pauvreté. Ce montant représente trois fois le total de l’aide publique au développement.

Selon l’OIT, l’OCDE et la Banque Mondiale, les migrants contribuent à favoriser la croissance économique dans leur pays de destination par la création de richesse mais également grâce aux paiements des impôts et des cotisations sociales.
Voir les migrations comme des dangers pour nos sociétés relève du fantasme et de la peur irrationnelle.

Les citoyens de bonne volonté ont la lourde tâche de lancer une révolution des esprits afin de changer les mentalités et ainsi rendre nos sociétés plus hospitalières et accueillantes.

Santiago Fischer et Bart Verstraeten (WSM-Solidarité Mondiale)
Nathalie Diesbecq (ACV-CSC)