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L’OIT sort son Rapport Mondiale sur la protection sociale

Modifié le: 14/02/2018, 17h43

Ce 30 novembre dernier, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a officiellement lancé son Rapport Mondial sur la protection sociale 2017-2019 et Solidarité Mondiale était présente lors de la présentation du dit rapport à Bruxelles. Selon ce dernier, quelques 71 % de la population mondiale n’ont toujours pas accès à une protection sociale convenable. Avec plus de 82 % de sa population qui ne bénéficie d’aucune forme de protection sociale, l’Afrique est largement à la traîne.

Un lent progrès malgré des avancées sur le plan politique

Trois ans après le premier Rapport mondial sur la protection sociale, l’OIT dresse un second bilan de la situation de la protection sociale dans le monde. Et même si différents pays ont pris des mesures significatives sur le plan politique, en consolidant leur politique en matière de protection sociale, et sur le plan opérationnel en mettant en pratique la Recommandation n° 202 de l’OIT sur les socles de protection sociale, les progrès engrangés sont bien lents.

Manque d’investissement dans la protection sociale

Depuis le premier Rapport publié en 2014, le nombre de personnes à ne pas bénéficier d’une protection sociale n’a diminué que de 2 % pour passer de 73 à 71 %. Conclusion : si nous voulons atteindre d’ici 2030 les Objectifs de développement durable, qui incluent notamment la protection sociale pour tous (ODD 1.3.), il va nous falloir faire de sérieux efforts supplémentaires. Ces progrès lents, poursuit le rapport, sont essentiellement imputables à un manque d’investissement dans la protection sociale.

En Afrique, en Asie et dans le monde arabe, moins de 5 % du produit national brut sont alloués à la protection sociale. À titre comparatif, les pays européens se situent quasiment tous à plus de 15 %. Ceci étant, certains pays dans lesquels la protection sociale est bel et bien une réalité, n’ont pas eux non plus toute latitude en la matière.

La crise financière, et sa logique d’économies à court terme, a incité de nombreux pays à faire des coupes sombres dans la protection sociale. Une mauvaise stratégie, selon les dires de l’OIT, qui, à plus long terme, aura un impact négatif sur le développement socio-économique des pays.

Défis majeurs pour les jeunes et la population active

Outre ces tendances globales, le rapport apporte une cartographie, pays par pays, et sur la base de nombreuses données, du niveau de protection sociale dont les personnes bénéficient (ou pas) au cours des différentes périodes de leur vie : de l’enfance à la pension en passant par la vie active.

Alors que bon nombre de pays ont consenti de lourds efforts pour garantir une pension minimum (près de 70 % des aînés de notre planète touchent aujourd’hui une pension), de grands défis subsistent pour donner accès aux enfants et à la population active aussi à la protection sociale. 41 % seulement des femmes jouissent d’une protection de la maternité, 28 % à peine des invalides peuvent prétendre à une allocation, tandis que ce chiffre chute à 20 % pour les chômeurs.

La marche à suivre ?

Pour Solidarité Mondiale (WSM), la marche à suivre est claire : si nous voulons permettre aux 71 % de la population mondiale d’avoir accès à la protection sociale, il nous faut observer et écouter les organisations qui s’adressent aujourd’hui déjà à ce groupe : les mutualités fédèrent les populations autour d’une assurance maladie solidaire, des initiatives d’économie sociale s’assurent que leurs membres perçoivent un revenu, les syndicats organisent les travailleurs qui se trouvent dans des situations précaires de travail, tout en garantissant leur accès à la protection sociale. Les syndicats et autres mouvements sociaux organisent les travailleurs et travailleuses issus de l’économie informelle – quelque 90 % de la population en Afrique ! – et recherchent des moyens de leur donner accès à la protection sociale.

Impliquer les organisations sociales !

L’avenir de la protection sociale dépend de la volonté des pouvoirs publics d’impliquer structurellement ces organisations sociales dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de la politique nationale en matière de protection sociale. Celles-ci sont ainsi en mesure de veiller à ce que les systèmes existants de protection sociale soient adaptés à la réalité des personnes actives dans l’économie informelle. Ce faisant, elles assurent dès lors un plus large soutien.

Les Objectifs de développement durable sont clairs : si nous voulons les atteindre, il s’avère nécessaire de développer un nouveau partenariat mondial (ODD 17). Et nos mouvements sociaux se tiennent prêts à relever le gant, car personne ne peut être livré à son sort !

Gijs Justaert, Coordinateur du Service Plaidoyer et Recherche
Bart Verstraeten, Secrétaire Politique