Burkina Faso
Inondations au Burkina Faso
Le 1 septembre 2009, le Burkina Faso a été touché par de très importantes précipitations qui ont provoqué de graves inondations, surtout dans la capitale, Ouagadougou. On enregistre une dizaine de pertes humaines et plus de 150 000 déplacés...
C’est alors la désolation dans une bonne partie de la ville, notamment dans les quartiers périphériques, où les maisons, bâties en banco (mélange de terre crue et de paille utilisé comme matériau de construction), se sont effondrées en masse, mettant de nombreuses familles dans la rue. La maison de Cecile Ki, directrice de Mufede (la mutualité "femmes et développement"), a elle aussi subi des dégâts importants.
Ci-dessous, nous vous transmettons le témoignage de Patrice, Secrétaire exécutif du RAMS (Réseau d’appui aux mutuelles de santé), partenaire de Solidarité Mondiale :
"A Ouagadougou, c’est la désolation totale. Une pluie diluvienne de près de 300 mm s’est abattue de 4h du matin à 4h du soir sur notre capitale le 1er Septembre 2009. Des immeubles se sont effondrés, des maisons se sont écroulées. Les barrages ont débordé et ont déversé leur trop plein dans les concessions des quartiers riverains. On dénombre plus de 150 000 sinistrés. Des pertes en vie humaine (9 morts), des disparus et des dégâts matériels importants ont été enregistrés. Des quartiers sont en ruine. Certains habitants ont tout perdu : maison, argent, nourriture, animaux, récoltes emportés par les eaux.
Il y a manque d’eau dans les robinets dans certains quartiers car les stations de traitement et de distribution d’eau ont été inondées. L’usine de production et de distribution d’électricité a été inondée aussi. Certaines familles sont donc sans électricité. Les communications sont aussi perturbées de temps à temps (téléphone, internet, fax).
Du coté du RAMS et de nos partenaires locaux, il y a eu plus de peur que de mal. Certains de nos proches (famille élargie) ont été victimes des inondations. Ils sont sans abris. L’Etat a pris des mesures pour héberger les sinistrés ; mais 100000 d’entre eux ont trouvé des abris. Un grand nombre reste toujours dehors.
L’Etat a lancé l’appel à la solidarité nationale et internationale. Hier le premier Ministre a reçu les ONG à propos de la collaboration Etat et ONG pour la prise en charge des personnes sinistrées. Nous avons pris part à cette rencontre."
Plus de 70 milliards de FCFA (+ de 100 millions d’euros), selon une estimation faite par le gouvernement, sont nécessaires pour la reconstruction des infrastructures et la réhabilitation des personnes sinistrées. L’Europe a déjà promis une aide de 3 millions d’€ pour la reconstruction, tandis que tous les jours, les gens se pressent devant le Parlement à Ouagadougou pour apporter leur contribution personnelle à la reconstruction, sous forme d’argent ou en nature, pour ceux qui n’ont pas d’argent à donner.
La CNTB (Confédération nationale des travailleurs burkinabé) n’est pas restée indifférente à cette situation. Elle a d’abord répondu à l’appel du Chef de l’Etat en apportant sa contribution à la semaine nationale de solidarité. Aujourd’hui, elle est en train de mener une action de recensement des camarades touchés par cette pluie du 1er septembre 2009. Avec les centrales syndicales du Burkina Faso, un communiqué de solidarité avec les sinistrés a été publié et des visites sur les sites des sinistrés ont été organisées.

