Crise Politique en Guinée : nos articles
Guinée : les nouveaux dirigeants déterminés
D’abord, ils nettoient la maison. [1]
Le 8 janvier 2009, l’arrestation du directeur adjoint des services de douane (Bruno Bangoura) est annoncée. Il est accusé de corruption et de ruiner l’économie du pays. Il aurait installé depuis de longues années des pratiques de sorties de marchandises au nom de la présidence de la république (ce qui était faux) pour les mettre à l’abri de taxes au profit de l’Etat mais plutôt à celui de son propre réseau.
Il a été limogé et remplacé par un autre expérimenté, qui était jusqu’alors inspecteur des douanes (Alpha Yaya Diallo).
Le 11 janvier 2009, le consul honoraire de Corée du Sud en Guinée (Mohamed Dioubaté) est arrêté pour trafic de drogue.
Le 13 janvier 2009, c’était le tour de l’ancien chef de protocole de Lansana Conté (Président défunt). Il serait accusé de plusieurs actes de fraude dont l’imitation des signatures (à son profit) de Lansana Conté.
Le 16 janvier 2009, l’ex- ambassadeur de Guinée en Grande Bretagne (Lansana Keïta) serait mis en résidence surveillée à Conakry. Des soupçons pèsent sur lui pour mal gérance de fonds destinés à la scolarisation des enfants (en Grande Bretagne) du président défunt.
D’autres arrestations et enquêtes seraient en cours pour mettre fin à des pratiques de détournements et de dilapitations de fonds publics et de s ressources du pays. Ensuite, ils mettent des hommes et des femmes au travail à divers postes. Un nouveau gouvernement vient d’être mis en place.
Le 14 janvier 2009, le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) a mis en place un nouveau gouvernement de 32 ministres (dont la primature). De ce gouvernement, on relève comme on pouvait s’y attendre, une présence significative des officiers militaires (11 ministères (34%) : Sécurité, Défense, Sécurité présidentielle, Secrétaire Général à la Présidence, Commerce-Industrie et PME, Economie et Finances, Justice, Télécommunication, Services spéciaux anti-drogue et du grand banditisme, Santé et Hygiène publique, Jeunesse et sport).
On peut également constater le profil bas demandé au femmes pendant cette période de transition (2 ministères : Enseignement technique et préuniversitaire, Promotion sociale et affaires féminines). Espérons que les guinéennes obtiendront ce qu’elles méritent (point n’est besoin de démontrer le courage et le combat socio-politique et économique des guinéennes) dans un prochain gouvernement issu d’un processus d’élections libres et transparentes attendu de ce gouvernement de trasition !
Notons aussi, le retour au pays et la présence de hauts cadres guinéens qui étaient jusqu’alors à d’autres postes à l’étranger. Le premier ministre était fonctionnaire jusqu’alors à l’Afrixim bank en Egypte, le ministre des mines et de l’énergie était précédemment vice président de l’Union des banques suisses à New York, le ministre des affaires étrangères était Ambassadeur en Allemagne, le ministre de l’administration territoriale et des affaires politiques était juriste en Allemagne, la ministre de l’enseignement technique et préuniversitaire était directrice de l’UNESCO.
D’autres nominations :
- un membre du comité d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie qui est un expert financier jusqu’alors basé aux Etats Unis,
- un conseiller du président qui était à la représentation de Guinée à l’ONU,
- un conseiller économique et financier qui était professeur à l’Université de Paris.
Peut-on voir en cela un signe de confiance des guinéens dans ce changement ? Et /ou est-ce une volonté des nouveaux dirigeants de rompre avec le passé et d’inspirer confiance à travers des hommes et des femmes capables et connus ? Tout est possible mais l’essentiel est que la Guinée renoue avec toutes ses filles et fils et qu’elle se remette rapidement sur pied !
Face à la pression, la Guinée est sur la sellette._
Le 9 janvier 2009, dans une réunion tenue à Abuja au Nigéria, la CEDEAO (Communauté Economique de Développement des Etats d’Afrique de l’Ouest) a suspendu la Guinée de toutes les réunions au niveau des Chefs d’Etats et des Ministres jusqu’à la restauration de l’ordre constiotutionnel. Une décision similaire avait été prise par l’Union Africaine, le 29 décembre 2008 pour la même raison.
Le 15 janvier 2009, le parlement européen a adopté une résolution condamnant le coup d’Etat en Guinée et demandant le gel de toute aide humanitaire autre que l’aide d’urgence en cas d’absence de transition démocratique.
Le 16 janvier 2009, la Guinée est suspendue de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Le Conseil permanent de la francophonie s’est conformé à la Déclaration de Bamako de 2000 (dont la Guinée est signataire) qui condamne la prise de pouvoir par un coup de force et exige la suspension des pays qui se sont rendus coupables de changement non constitutionnel ou de graves violations institutionnelles et des droits de l’homme. A cette même date, le gouvernement américain prend acte de l’annonce du nouveau gouvernement d’officiers militaires et de civils et demande aux nouveaux dirigeants d’annoncer publiquement une date pour les élections présidentielles et législatives en 2009.
Vu ces évolutions et la pression sur ces dirigeants à être plus clairs qu’ils ne le sont encore aujourd’hui sur l’échéance et le processus électoral, et vu qu’il n’y a pas encore d’indices de leur part de remise en cause de cet ultime objectif, gardons patience et espoir, juste le temps que ce nouveau gouvernement se mette au travail et s’y organise. L’avenir nous le dira !
A suivre et à chacun de se faire une opinion sur le futur guinéen que nous souhaitons tous meilleur.
Habimana Fabien
WSM
19 janvier 2009
Carte d’identité de la Guinée
Une page se tourne en Guinée
Vers une normalisation à brève échéance de la situation sociopolitique ?
Le CNDD maintiendrait le cap vers une sortie de crise !
Documents sur la Guinée
[1] Le 23 décembre 2008 (après la mort du Président le général Lansana Conté le 22.12.2008), l’armée s’est emparée du pouvoir par un coup d’Etat, en créant un Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) avec à sa tête le Capitaine Moussa Dadis Camara, assurant aussi la fonction de Chef d’Etat.





