Social Alert
Femmes, Vie et Droits : L’Amérique latine se bat pour les droits des femmes
En mai 2009, Fanny Sanchez, coordinatrice de la campagne continentale “Femmes, vie et droits” était de passage en Belgique pour nous parler de cette campagne unique et nous livrer un témoignage interpellant.
En Amérique latine, Solidarité Mondiale a des organisations partenaires dans 9 pays différents : la Bolivie, le Brésil, la République Dominicaine, l’Equateur, le Guatemala, Haïti, le Mexique, le Pérou et le Venezuela. Dans ces pays, le non respect des droits humains est un problème crucial auquel font face tous nos partenaires. C’est pour cette raison qu’ensemble avec Solidarité Mondiale, ils ont décidé de s’unir pour les droits des femmes travailleuses.
En effet, les femmes travailleuses doivent faire face aux pires conditions de travail : discrimination, inégalité au travail, injustice salariale, restriction du droit de liberté syndicale, licenciement pour cause de maternité... On note tout un ensemble de violations des législations nationales et internationales en vigueur et des défaillances au niveau de l’application du cadre légal. En outre, les femmes travailleuses ne connaissent pas leurs droits et de ce fait, n’ont pas la possibilité de participer activement et de manière représentative au sein des organisations de travailleurs.
Il était donc temps de se mettre ensemble en action et de mener campagne pour les droits des femmes travailleuses “Nous sommes des femmes et nous avons des droits” !
Fanny Sanchez, est une jeune femme péruvienne et est coordinatrice de la campagne continentale. Elle était de passage en Belgique fin mai 2009 et a pu nous faire part de l’importance de cette campagne.
« La situation des femmes travailleuses en Amérique latine est souvent pénible. Dans le secteur informel (employées de maison...), par exemple, elles ne sont nullement protégées. Souvent, c’est un contrat de travail oral qui fait office de garantie. Si l’employeur décide de diminuer leur salaire, elles n’ont rien pour se défendre. La situation est similaire pour les femmes travaillant dans les zones franches, comme Sylvia au Guatemala. Elle travaille de longues heures pour un salaire de misère et dans des conditions de travail inimaginables. Silvia expliquait qu’elle avait même à utiliser un drapeau pour indiquer qu’elle voulait aller aux toilettes ! Elle a finalement été licenciée parce qu’elle est activement impliquée dans un syndicat. La liberté d’association n’existe pas.
Et celles qui travaillent dans les cultures industrielles de fleurs sont logées à la même enseigne. Les fleurs y sont pulvérisées avec des produits chimiques et toxiques alors qu’elles sont encore au travail ! De plus, ces femmes doivent souvent effectuer un travail lourd et pénible et elles sont pourtant moins payées que leurs collègues masculins ! Yoconda, par exemple, a travaillé longtemps dans la culture de fleurs jusqu’à ce que son employeur apprenne qu’elle était enceinte. Elle fut licenciée sur le champ… »
Le message est clair : la situation des femmes travailleuses en Amérique latine doit être améliorée d’urgence. La campagne "Femmes, Vie et Droits" a pour but de mieux informer les femmes sur leurs droits et comment les faire respecter, comme certaines conventions de l’OIT (Organisation Internationale du travail) qui doivent garantir l’égalité des sexes. Mais aussi pour garantir une meilleure représentation des femmes au sein des syndicats et d’autres organisations.
A la question : “Qu’est-ce qui fait que cette campagne soit si importante ?" Fanny répond : “Cette campagne est unique en son genre ! C’est la première fois qu’une campagne est menée conjointement par autant d’associations différentes, que des femmes et des hommes se rassemblent pour exiger les mêmes choses. C’est une expérience très enrichissante. Enfin, la campagne a été lancée officiellement le 4 juin à la conférence de l’OIT (Organisation Internationele du Travail) à Genève. C’est le point de départ et la campagne durera jusqu’en juin 2010. Ensemble en action pour les droits des femmes en Amérique latine !”



