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Et notre nouveau ministre s’appelle… Paul Magnette !

Modifié le: 7/12/2011, 18h07
Mardi 6 décembre, c’est la Saint-Nicolas : après 541 jours de négociations difficiles, notre ministre de la coopération au développement prête serment avec le nouveau gouvernement. Alors que le département avait pris l’habitude d’être dirigé par des libéraux, c’est un ministre PS qui prend la barre, Paul Magnette. L’arrivée d’un ministre progressiste changera-t-elle la donne ?

On ne va pas ici vous refaire l’historique des 541 jours de crise. Cela dit, comme d’autres secteurs, la coopération au développement (dont l’action des ONG n’est qu’une partie) a vécu au rythme de mesures provisoires, de tours de passe-passe administratifs et budgétaires pour que les financements puissent être poursuivis malgré l’absence de gouvernement de plein exercice. En bonne partie, grâce à la souplesse du secteur et à la bonne volonté de l’Administration du Département (DGD). Dans le même temps, la DGD, progressivement convertie à la religion de l’efficacité, a non seulement réussi à mettre en œuvre la politique voulue par les ministres libéraux successifs, mais aussi cherché à se réorganiser plus fondamentalement pour faire face à la croissance du volume de travail (provoquée principalement par la hausse de ses propres exigences…) et à la réduction de ses effectifs. Et à changer au forceps, les modalités d’examen et de suivi des programmes cofinancés.

L’arrivée d’un ministre progressiste changera-t-elle la donne ? On peut l’espérer, mais il est évidemment trop tôt pour connaître ses intentions et priorités. Notons tout de même que ses attributions sont nombreuses et la Coopération au développement est souvent la dernière mentionnée dans ses compétences.

L’accord de gouvernement n’est en outre pas totalement rassurant.

En effet, il enterre la progression du budget de l’aide publique au développement vers le 0,7% du PIB (et par voie de conséquence sans doute, les engagements pris vis-à-vis du secteur ONG). Concrètement, cela va se traduire par une réduction de près de 10% des moyens disponibles compte tenu de l’inflation.

Par contre, des priorités attendues de longue date par les ONG dans des domaines tels que la cohérence des politiques, la synergie entre les acteurs (la CTB (l’agence chargée de l’exécution de la coopération bilatérale directe), la DGD et BIO (l’agence chargée de soutenir les investissements privés)) publics de la coopération belge, la lutte contre la spéculation alimentaire et les fonds vautours, sont autant de bonnes nouvelles. De même, la confirmation de l’autonomie des ONG dans leurs choix est rassurante, compte tenu de la tendance croissante ces dernières années à l’instrumentalisation des acteurs indirects sous couvert d’efficacité et d’harmonisation des actions des bailleurs.

Le CNCD a publié un communiqué de presse qui marque ses espoirs et sa confiance.

Difficile de dire si le verre est à moitié vide ou à moitié plein. Ce qui est sûr, c’est que la législature est déjà à moitié écoulée et que le Ministre va devoir se… magner.