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Bangladesh

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Bangladesh : zone de non-droits pour les travailleurs de l’habillement

L’effondrement du Rana Plaza en avril dernier dans la banlieue de Dhaka, capitale du Bangladesh, a provoqué une vague d’émotions et de colère dans le pays et à travers le monde. Cette catastrophe n’est que la dernière en date d’une longue série de drames mettant en évidence les terribles conditions de sécurité et d’hygiène dans des milliers d’usines textile au Bangladesh et en Asie, qui fournissent nombre de marques occidentales à bas prix. De l’Etat du Bangladesh, aux enseignes de la mode européennes, en passant par les syndicats locaux, quelles responsabilités ? Et quelles pistes pour que de tels drames soient évités dans le futur ? Un article paru dans la revue ’Démocratie’ en avril 2013.

Mercredi 25 avril 2013, Savar, banlieue de Dhaka, Bangladesh. Un immeuble de 8 étages s’effondre, peu après l’heure du début du travail. A l’intérieur, cinq ateliers de confection. Des centaines de travailleurs sont prisonniers des gravats. Le bilan dépasse les mille morts et des centaines de blessés . Il s’agit du pire accident dans l’histoire industrielle de ce pays qui a fait de la confection le pivot de son économie.

Un drame qui se répète

Les leçons du passé n’ont pas été tirées. Souvenons-nous. En 2005, le bâtiment de neuf étages de l’usine Spectrum s’effondre en pleine nuit, alors qu’entre 200 et 400 ouvriers se trouvent à leur poste. 64 d’entre eux y perdent la vie, tandis qu’une centaine d’autres est blessée. Cette tragédie sera déjà considérée à ce moment-là comme le triste symbole des violations quotidiennes des droits fondamentaux des travailleurs dans le secteur textile au Bangladesh (salaires inférieurs au minimum légal, pas de jour de repos, règles de sécurité insuffisantes,…).

Depuis 2005, les incendies et les effondrements d’usine se sont multipliés au Bangladesh. A chaque fois, les mêmes déficiences : des immeubles plutôt récents, mais qui ne répondent pas aux normes du bâtiment ; des étages supplémentaires ajoutés sans permis, que la construction de base ne peut supporter ; des sorties de secours inaccessibles, provoquant une panique meurtrière… Construites à la hâte sans autorisation adéquate ou aménagées dans d’anciens bureaux ou bâtiments d’habitation, les usines ne peuvent garantir le respect de conditions de sécurité et d’hygiène élémentaires. Les racines de ce drame tiennent tant à une politique de l’Etat du Bangladesh qu’aux pressions des filières internationales, dans un contexte de concurrence des prix exacerbée.

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Bangladesh-zone de non-droits pour les travailleurs de l’habillement

Un article de Jennifer Van Driessche, paru dans la revue du MOC ’Démocratie’ en avril 2013