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Bangladesh : Leaders syndicaux en danger !

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Modifié le: 1er/09/2010, 17h13

Depuis le mois de juin, la colère des travailleurs de l’habillement du Bangladesh se traduit en mouvements et émeutes de plus en plus intenses. Ils revendiquent des salaires décents. Le gouvernement a relevé le salaire minimum à 3.000 takas (33 euros) par mois. « C’est beaucoup trop peu par rapport au coût de la vie », affirme Amiral Amin, président de la Bangladesh National Garment Workers’ Federation, partenaire de Solidarité Mondiale.

Les actes d’intimidations de la part des employeurs, les accusations non-fondées et les arrestations policières se multiplient. Le Bangladesh Center for Worker Solidarity (BCWS), partenaire de la Campagne Vêtements Propres Internationale, est particulièrement ciblé par ces actes d’intimidations et de harcèlement. Des accusations infondées ont été portées contre le personnel du BCWS et d’autres leaders syndicaux.

La nuit du 12 août, Kaplona Akter et Babul Akhter du BCWS ont été arrêtés par 20 officiers de police. Ils sont toujours maintenus en détention. On craint pour leur sécurité et pour leur intégrité physique.

Un nouveau salaire minimum … toujours pas vital !

De nombreuses actions de protestation et manifestations ont eu lieu au cours des derniers mois pour que le salaire minimum soit augmenté. Le Bangladesh est le troisième fournisseur de vêtements de l’Union européenne, après la Chine et l’Inde. De grandes chaînes telles que H&M, Zara, C&A, Tommy Hilfiger, Levi Strauss et Carrefour produisent au Bangladesh. Selon la Confédération syndicale internationale, les ouvriers de l’industrie textile bangladeshi sont les travailleurs les plus mal payés au monde : ils gagnent à présent 18 euros par mois. Le gouvernement a relevé le salaire minimum à 3.000 takas (33 euros) par mois. « C’est beaucoup trop peu par rapport au coût de la vie », affirme Amiral Amin, président de la Bangladesh National Garment Workers’ Federation. Egalement partenaire de Solidarité mondiale, cette fédération représente 23.000 ouvrières de l’industrie textile. Les syndicats demandent 5.000 takas (55 euros).

Les affrontements violents entre les travailleurs et la police ont résulté en un grand nombre d’arrestations. Des plaintes, souvent anonymes, ont été déposées contre des milliers de travailleurs et des mandats d’arrêts ont été délivrés contre des centaines de travailleurs et plusieurs responsables d’organisations de défense des droits des travailleurs.

Suite a l’annonce de sa nouvelle proposition de salaire minimum, le 29 juillet, le gouvernement du Bangladesh annonçait la couleur et décrétait qu’il ne tolérerait plus l’« anarchie » dans le secteur de l’habillement. La proposition de salaire minimum de 3.000 taka, reste cependant insuffisante pour répondre aux besoins fondamentaux des travailleurs.

Le gouvernement du Bangladesh a accusé dans la presse ces « provocateurs », « saboteurs » et « terroristes » d’inciter les travailleurs à la révolte, ignorant dans le même temps le bien fondé de leur protestation. Le 31 juillet un quotidien a publié une liste de 10 personnes recherchées par le gouvernement, y compris Kalpona Akter, Babul Akhter et M. Montu Ghosh, un conseiller syndical. M. Ghosh avait déjà été arrêté le 30 juillet. Les autres leaders syndicaux recherchés sont : Mahbub Islam, Bazlur Rashid Feruz, Moshrefa Mishu, Sultan Bahar, Nasim Nasrin, Ruhul Amin and Abul Hossain.

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Les leaders du BCWS arrêtés sur base d’accusations non fondées !

Le BCWS et ses responsables sont particulièrement ciblés par la répression gouvernementale, accusés de «  fomenter les troubles et l’agitation dans le secteur de l’habillement ». Kaplona Akter et Babul Akhter ont été arrêtés sur base d’accusations non-fondées. La police a menacé de représailles les membres de leur famille, a harcelé leurs collègues et a utilisé diverses tromperies pour les arrêter. La Campagne Vêtements Propres internationale et Solidarité Mondiale sont inquiètes pour l’intégrité physique des leaders du BCWS ainsi que celle de leurs proches et de leurs collègues. On craint qu’ils subissent des traitements inhumains et dégradants de la part des autorités.

Le BCWS a indiqué que les attaques dont ils ont été victimes pourraient être liées à leur travail de soutien aux travailleurs de l’habillement, notamment pour les aider à exercer leur droit d’association dans une usine en particulier, Nassa global Wear, appartenant au Groupe Nassa. En avril 2010, des travailleurs de Nassa ont contacté le BCWS pour demander de l’aide dans le cadre de leurs efforts pour constituer un syndicat indépendant. Parmi les propriétaires de l’usine Nassa figurent d’anciens officiers militaires qui ont pu utiliser leur influence politique pour pousser le gouvernement à prendre des mesures contre le BCWS.

Bien que le BCWS n’aie reçu aucune notification officielle de l’annulation de son enregistrement avant le 10 juin, les dirigeants de Nassa avaient été informés de cette annulation avant cette date et avaient même informé leurs travailleurs le 6 juin (soit quatre jours avant que le BCWS n’en soit lui-même informé) que le BCWS serait fermé.

Le 19 juin, trois jours après que M. Islam aie été détenu et violenté par les officiers de la National Security Intelligence, Nassa aurait déposé plainte contre deux employés du BCWS, parmi lesquels M. Islam, et contre 57 travailleurs, prétendant qu’ils avaient agressé des membres de la direction, vandalisé l’usine et volé des biens appartenant à Nassa. Selon le BCWS, ce sont les travailleurs qui ont été violentés par des « hommes de main » lors d’un soulèvement de l’usine. Le 22 juillet, le BCWS a estimé à 40 le nombre de travailleurs blessés à Nassa.

Nassa Global Wear fournit plusieurs marques européennes et américaines, y compris WalMart, Carrefour, Tesco, et H&M. Le BCWS indique qu’il est en contact avec le bureau de Walmart au Bangladesh.

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